Pour préparer l’opération de la thyroïde

La chirurgie de la thyroïde est un traitement de choix pour bon nombre de pathologie et elle constitue même une des interventions les plus pratiquées en Europe.

Il est nécessaire de préparer cette opération en se rendant dans un premier temps auprès d’un spécialiste, un chirurgien ORL ou endocrinologue. Il vous sera indiqué l’anesthésiste que vous aurez à consulter.

Comme pour toute intervention chirurgicale nécessitant une anesthésie générale, celui-ci se renseignera auprès de vous pour connaître :

  • votre poids ;
  • votre taille ;
  • vos allergies éventuelles ;
  • vos antécédents médicaux, familiaux,personnels ;
  • les traitements que vous prenez.

Ces renseignements permettent à l’anesthésiste de préparer au mieux l’injection qu’il vous fera et à vous donner les informations nécessaires (ne pas fumer, être à jeun, etc.).

Opération de la thyroïde proprement dite

Une fois anesthésié, le chirurgien va pratiquer une incision horizontale de 2 à 8 cm au niveau du bas du cou, au niveau du pli de la peau.

En fonction de la maladie et du diagnostic qui aura été fait le chirurgien procédera à une ablation de la thyroïde (thyroïdectomie totale) ou à une partie de la glande thyroïdienne seulement :

  • nodulectomie : ablation d’une petite partie de la glande ;
  • lobectomie : ablation d’un seul lobe ;
  • lobo-isthmectomie : ablation d’un lobe et d’une partie de l’isthme ;
  • isthmectomie : ablation de l’isthme

Il est possible qu’une analyse extemporanée soit effectuée, ce qui peut amener le chirurgien à intervenir différemment.

Si des cellules cancéreuses sont retrouvées par exemple, le chirurgien peut procéder à une thyroïdectomie totale (ablation de l’ensemble de la glande thyroïde) alors qu’une lobectomie était prévue, par exemple.

Il peut également être amené à réaliser un curage ganglionnaire afin d’éliminer les risques de cancer ultérieur.

Plusieurs méthodes chirurgicales existent. La chirurgie de la thyroïde classique est employée lorsque la quantité de tissu à retirer est importante ou si l’opération promet d’être complexe.

La pratique traditionnelle amène le praticien à écarter la peau incisée et les muscles afin d’avoir un abord direct de la glande.

Autant que possible le chirurgien cherche à préserver les structures environnantes, ce qui est notamment possible grâce à un système de monitoring  qui permet au thérapeute de repérer les zones à respecter :

  • nerfs laryngés et récurrents ;
  • glandes parathyroïdes ;
  • artères thyroïdiennes, etc.
  • Chirurgie mini-invasive
  • Cette méthode est à privilégier lorsque cela est possible :
  • quand la quantité de tissu à retirer est peu importante ;
  • quand le chirurgien possède les compétences nécessaires ;
  • quand l’équipement hospitalier le permet ;
  • quand cette approche convient au patient.

Avec la thyroïdectomie mini-invasive, le chirurgien est vidéo-assisté.

Une petite incision de 3 cm de long au niveau du cou ou du bras permet de glisser une mini caméra grossissante. Une seconde incision tout aussi petite permet d’introduire un tube au bord tranchant.

C’est ce second tube qui est l’outil chirurgical qui va servir à retirer certaines parties de la glande thyroïde.

Il est également possible, aujourd’hui, de procéder à une intervention robot-assistée. Grâce à cette approche, la chirurgie visualise en trois dimensions et de façon agrandie la région qu’il aborde.

L’assistance robotique permet d’effectuer des gestes extrêmement précis, ce qui permet :

  • de limiter les risques de lésion des structures environnantes ;
  • de limiter la douleur postopératoire ;
  • de se rétablir plus rapidement ;
  • d’avoir une cicatrice plus discrète encore qu’avec l’abord classique.

En revanche elle ne convient pas vraiment en cas de cancer, car les chirurgiens préfèrent :

  • avoir une vue d’ensemble de la glande et des ganglions qui l’entourent ;
  • retirer toute la glande d’un coup plutôt qu’en petits bouts successifs.

L’acte chirurgical proprement dit

Opération

Quelle que soit la méthode employée (traditionnelle ou mini-invasive), l’acte chirurgical consiste dans un premier temps à clamper les artères pour stopper la circulation au niveau de la glande.

Le praticien sépare ensuite la trachée de la glande pour la déloger et la retirer (tout ou partie).

L’incision est refermée à l’aide d’agrafes ou de fils, des drains (tuyau en plastique de quelques millimètres de diamètre) étant parfois posés pour deux jours.

L’intervention pour une ablation totale dure de 1h30 à 2h et un peu plus si on procède à un curage ganglionnaire.

En post-opératoire

La fermeture cutanée est réalisée avec un matériel résorbable pour lequel aucune intervention postopératoire n’est nécessaire.

Le plus souvent la cicatrice consécutive à l’intervention ressemble à une ride du cou ; elle est donc discrète. Elle est quelquefois plus marquée, mais rarement.

Si on a bénéficié d’une chirurgie mini-invasive la cicatrice est minuscule et passe souvent inaperçue.

La cicatrisation est terminée dans les 6 à 12 mois suivants.

Suite à l’intervention le patient reste hospitalisé un ou deux jours et on met généralement en place un traitement substitutif (le plus souvent du Lévothyrox).

Remarque : si les glandes parathyroïdes ont elles aussi été ôtées, il faudra mettre en place un traitement pour gérer la calcémie et la phosphatémie.

Complications lors de l’intervention

Comme toute intervention chirurgicale, le risque zéro n’existe pas. De plus, l’opération de la thyroïde, bien que fréquente, reste une affaire de spécialistes.

Les risques les plus fréquents sont ceux communs à toutes les opérations d’une part :

  • l’hémorragie, surtout que la thyroïde est très vascularisée ;
  • l’infection (abcès local) dans moins de 1 % des cas ;
  • ceux liés à l’anesthésie.

D’autre part ceux, plus spécifiques, liés à la chirurgie de la thyroïde :

  • douleurs :
  • cervicales (dues à la position maintenue durant l’opération),
  • à la gorge,
  • à la déglutition ;
  • œdème de la région (pendant 1 à 3 mois) ;
  • hématome du cou (dans moins de 1 % des cas) ;
  • altération de la voix (généralement transitoire, mais pouvant durer de quelques semaines à un an) par atteinte du nerf récurrent, ce qui peut entraîner :
  • une voix rauque,
  • une aphonie,
  • une faiblesse de la voix ;
  • une paralysie d’un nerf récurrent (pendant 1 à 3 mois, définitive dans moins de 1 % des cas) avec :
  • une difficulté respiratoire à l’effort,
  • des troubles de la déglutition (liquides en particulier) ;
  • problème de calcémie dû à l’atteinte des glandes parathyroïdes (on retrouve une hyperparathyroïdie transitoire dans 7 % des cas).